L’ANALYSE DE JONAS MONTES

Analyser 

Par : Dan Cuschi BAPTISTE 


Assassinat de trois policiers et blindés incendiés dans l'Artibonite : un drame symptomatique d'un État en crise






La semaine dernière, trois policiers haïtiens ont été brutalement assassinés et un véhicule blindé de la PNH incendié dans le département de l' Artibonite — un acte d'une violence inouïe, qui a marqué une nouvelle casquette dans l'escalade de l'insécurité dans cette région devenue un véritable bastion de groupes armés .

Pour Jonas Montes , analyste en sécurité et affaires publiques, ce drame reflète une défectuosité structurelle de l'État haïtien, incapable de garantir la sécurité de ses propres forces de l'ordre .

"Quand l'État recule, les groupes armés avancent. L'Artibonite, jadis un pôle agricole et économique majeur, est aujourd'hui livré à une logique de terreur imposée par des gangs mieux équipés que nos forces nationales."

Un affrontement asymétrique

Selon Montes, l'incendie d'un blindé symbolise plus qu'un acte de défiance : c'est une humiliation. Ces véhicules sont censés incarner la supériorité tactique de la PNH. Leur neutralisation montre que les gangs ne craignent plus l'appareil sécuritaire.
Ce type de pertes, combinées à l'assassinat de policiers, démoralise les troupes , fragilise le lien entre population et forces de l'ordre, et alimente une spirale de découragement.

Quels problèmes ?

L'analyste pointe du doigt plusieurs angles morts dans la gestion sécuritaire :

Manque de moyens logistiques et humains pour la PNH
Coordination défaillante entre les institutions de sécurité
Infiltration potentielle des groupes armés dans certains cercles décisionnels locaux
– Et surtout : l'absence d'une réponse gouvernementale cohérente et pérenne

Montes souligne que l'espoir repose notamment sur le déploiement annoncé de la mission multinationale de soutien à la sécurité , à condition que celle-ci soit accompagnée d'une réforme profonde de l'appareil sécuritaire haïtien .

"Une opération militaire seule ne suffira pas. Il faut une vision politique, un plan de reconquête territoriale et surtout, un retour de l'État dans ces zones abandonnées."

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